Sonatomania
Dimanche, 04/10/2026 à 16h00, Kathrin Isabelle Klein joue
Beethoven, Dutilleux, Ives et Schumann

Ludwig van Beethoven (1770–1827)
Sonate op. 101 A-Dur (1813–1816)
Etwas lebhaft und mit innigster Empfindung
Lebhaft. Marschmäßig
Langsam und sehnsuchtsvoll
Finale
Henri Dutilleux (1916–2013)
Sonate pour piano (1947–1948)
Allegro con moto
Lied
Choral et variations
Charles Ives (1874–1954)
Three-page-sonata
Pause
Robert Schumann (1810–1856)
Sonate fis-Moll op. 11 (1833–1835)
Introduzione. Un poco adagio – Allegro vivace
Aria. Senza passione, ma espressivo
Scherzo e Intermezzo. Allegrissimo
Allegro un poco maestoso
Les 32 sonates pour piano de Ludwig van Beethoven se démarquent comme un monolithe de la littérature pour piano. S'en approcher, voire les enregistrer dans leur ensemble, est l'objectif de vie de certains pianistes. Leur développement de la forme traditionnelle en trois et quatre phrases à une approche de plus en plus libre et imaginative des conventions est étonnant. La sonate en ladu-déor op. 101, en tant que cinquième dernière sonate, présente plusieurs caractéristiques de cette liberté. La première phrase commence sur le é-méral dominant et l'a également comme centre. À la manière presque Schubert, Beethoven se détache de l'attente d'un théorème de tête Allegro et met à sa place une pièce lyrique et sensible qui ressemble à un état de lévis précisément par l'utilisation continue de syncopes. Le deuxième mouvement, une marche avec trio, que l'on attendrait habituellement à la troisième phrase, est étonnamment en la fa mineur. Il est suivi de la troisième phrase lente en mi mineur porté, qui se termine comme une cadence, fait réapparaître le thème de la première phrase et se transforme en douceur dans la 4e phrase finale rapide, enfin écrite en la mineur convaincue. Celui-ci est marqué par un fugato, comme on le trouve souvent dans les sonates tardives de Beethoven.
Dans la succession de Beethoven, aucun compositeur n'a plus créé le grand nombre de 32 sonates pour piano. Quoi qu'il en soit, les compositeurs ont élargi leur répertoire de genres après Beethoven, par exemple, à des pièces de caractère, afin de ne pas se fixer sur les conventions de forme de la sonate, bien que celles-ci aient déjà été clairement explosées par Beethoven. Le compositeur français Henri Dutilleux, décédé en 2013, n'a par exemple composé qu'une sonate pour piano. Dutilleux l'appelait souvent son op. 1, sa première œuvre mature. Il voulait délibérément s'intéresser à la grande forme de la sonate. Son langage sonore est tonal au sens large, mais peut rarement être attribué à une tonalité sans aucun doute. Par exemple, la première phrase oscille entre le f mineur et le majeur. Entre les deux grands mouvements de coin, la « chanson » s'insère sous forme réelle de A-B-A comme un contraste économe.
Charles Ives a délibérément choisi de ne faire de la composition qu'à temps partiel, à temps plein, il était pour une compagnie d'assurance. Cela lui a laissé la liberté de composer ce qu'il pensait être juste sans pression financière. Ives était l'une des figures les plus expérimentales de l'histoire de la musique, qui a composé avant tout le monde à la fois avec des principes à douze tons et avec une microtonalité. Sa "sonate de trois pages", qui n'est pas tout à fait sérieuse, combine quatre phrases en un peu moins de dix minutes, dans la dernière phrase desquelles on pense qu'une fanfare passe.
La sonate en si mineur de Robert Schumann a été créée dans une phase bouleverante de la vie. Peu de temps auparavant, Robert était encore fiancé à Ernestine von Fricken, mais il s'est tourné vers Clara Wieck, encore mineure, à qui il a également dédié la sonate : "Clara appropriée par Florestan et Eusebius" est le nom de la dédicace complète et montre ici aussi les pages de personnages personnifiées de Schumann, qu'il utilisait à la fois littérairement et à titre de manière composition à cette époque. Bien que rarement jouée, la Sonate est un chef-d'œuvre plein d'impulsivité, de sensibilité et de feux d'artifice étincelants. D'un point de vue formel, les premier et quatrième mouvements, en particulier, comme quelques autres œuvres des débuts de Schumann, sont difficiles à saisir et donnent plutôt l'impression de pensées enchaînées qu'une forme fermée. Néanmoins, Schumann réussit à fusionner la sonate en un tout harmonieux, dont l'expérience et la co-expérience semblent mener profondément dans l'âme du compositeur.